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BASSINS D'AGREMENT NATURELS
QUELQUES REPONSES aux QUESTIONS les plus FREQUENTES
Plus le bassin est vaste et biologiquement diversifié, plus l'écosystème est stable : les poissons n'aiment pas les variations physico-chimiques brutales. Un petit aquarium sans filtration est le pire environnement que l'on puisse offrir à un poisson car il est impossible de stabiliser durablement un si petit vase clos. Seuls des poissons particulièrement résistants (comme le carassin par exemple) peuvent supporter de telles conditions et leur espérance de vie est minimum.
Combien de poissons dans mon bassin ?
Pour des raisons de place ou d'esthétique, la tendance est souvent de surcharger en nombre de poissons. C'est dans ces circonstances que l'on est conduit à optimiser la filtration naturelle à l'aide d'installations techniques. Sous nos latitudes, un étang naturel sans amendement ni complément alimentaire dépasse rarement des densités de 500 Kg de poissons par hectare. Soit 50 grammes de poisson pour 1000 litres d'eau (moyenne nationale en élevage extensif : 250 à 500 Kg/ha).
Pour aller au delà, il est souhaitable d'envisager un apport en aliments, éventuellement aussi un apport d'oxygène, voire un système de filtration des « pollutions » organiques.
Dans les meilleures conditions d'élevage intensif dites en « vase clos » (bassins de type israélien) on arrive à des charges en poissons de 10 tonnes à l'hectare soit 1 kg de poisson pour 1000 litres d'eau. (Ne pas comparer ces charges avec celles qui sont pratiquées dans les élevages « ouverts » de type salmoniculture.)
Pour un bassin de 10 M3 peuplé de cyprinidés sous nos latitudes :
Poids total des poissons Equipement adéquat.
250 à 500 g.
Charge extensive naturelle sans intervention nécéssaire : La masse d'eau, le substrat et les échanges par la surface permettent l'équilibre du système. La présence de plantes aquatiques est profitable et permet de réduire le développement du phytoplancton responsable de l'eau verte.
500 à 1000 g.
Charge extensive soutenue avec un complément d'aliments : la présence d'un substrat bactérien plus conséquent (fond naturel ou granuleux) et de végétaux doit renforcer la capacité de filtration.
1000g à 5 kg.
Charge semi-intensive avec apport d'aliments, substrat bactérien, végétalisation et oxygénation ciblée en périodes de hautes températures et /ou de basses pressions et plus particulièrement la nuit.
5 à 10 Kg. et +...
Charge intensive dans un environnement éventuellement hors sol (substrat artificiel inerte : béton, bâche..) avec apport d'aliments, oxygénation, et filtration adaptée : extension par lagunage (inclue) ou équipement de filtres compacts (mécanique - bactérien - ultra-violet).
Ces éléments sont exprimés à titre indicatif et pour un instant donné. Il faut tenir compte du potentiel de croissance des poissons à introduire et ne pas oublier qu'en cas de reproduction, l'accroissement de la charge peut être important. Au bout du compte, la nature régule et trouve toujours son équilibre...
Rapport approximatif : poids/longueur, pour des poissons « fusiformes » de type carpe ou carassin.
Longueur en centimètres
5 à 10
10 à 15
15 à 20
20 à 25
25 à 30
30 à 40
40 à 50
Poids en grammes
10
50
150
250
500
1000
2000
Comment filtrer l'eau de mon bassin ?

La « pollution » est composée des secrétions et excréments des poissons (éventuellement aussi des aliments distribués et non consommés) qui sont essentiellement des éléments azotés (N) et se présentent notamment sous forme d'ammoniaque (NH3). L'ammoniaque est toxique à faible dose pour les poissons. Celui-ci est naturellement transformé par des bactéries en nitrite (NO2-) qui est aussi toxique pour les poissons, mais à plus forte dose. Ces nitrites sont aussi naturellement transformées par des bactéries en nitrate (NO3-) dont la toxicité est nettement plus faible. Ces nitrates sont enfin absorbés par les végétaux aquatiques ou de bordure (macrophytes, filamenteuses, phytoplancton... ).


Paramètres de qualité d'eau, voir : http://www.passionbassin.com/eau.php

La quantité des bactéries « nageantes » en pleine eau est relativement faible : dans un étang elles sont présentes en plus grand nombre sur les particules de matières en suspension, sur les vététaux et dans les premiers centimètres du sol. Pour augmenter la capacité de filtration il faut donc agrandir le support sur lequel les bactéries pourront se développer. C'est le rôle du filtre bactérien : il est composé de structures matérielles qui présentent un ensemble de surfaces le plus vaste possible (pour un volume minimum). Celui-ci se couvrira naturellement de bactéries. Il peut s'agir d'un volume contenant de la tourbe, du sable, de la mousse, du textile, des fibres, des pierres poreuses, des « biosphères »... Si la texture est trop serrée, on se heurte à des problèmes de colmatage. Ceux-ci peuvent être réduits avec un filtre mécanique ou/et un décanteur placé en amont et accessible pour être éventuellement nettoyé. En piégeant les particules solides, il ne laissera passer que les substances dissoutes. Les bactéries sont aussi actives au sein du filtre mécanique mais comme il est éventuellement nettoyé de façon régulière, il s'en suit des variations de l'activité de sa colonie bactérienne et donc de son efficacité. D'où l'intérêt dans certains cas de consacrer une structure pour chaque type de filtration. L'eau passe ainsi du bassin à travers un filtre mécanique suivi d'un filtre biologique.


De multiples variétés de micro organismes pathogènes (parasites, bactéries, virus...). peuvent être introduites avec les poissons et les plantes, ainsi que par des éléments extérieurs (oiseaux, batraciens...), et les filtres peuvent aussi présenter des zones mal irriguées où peuvent se développer certaines colonies bactériennes indésirables. L'une des solutions les plus radicales consiste à exposer ces micro-organismes transportés par l'eau aux ultra-violets qui tuent toutes formes de vie microscopique. Il existe des lampes qui permettent ce traitement. Leur durée de vie est limitée et il est nécessaire de les remplacer régulièrement. Il ne faut pas oublier que le soleil nous fournit ces rayons quotidiennement et gratuitement, mais que les ultra-violets ont un niveau de pénétration dans l'eau inférieur à quelques centimètres (selon la turbidité). Il est donc possible d'accentuer cet effet avec une « zone » de passage ensoleillé où l'eau sera contrainte de s'écouler le plus longtemps possible sur une « plage » où la profondeur n'excédera pas 1 ou 2 cm. En circuit fermé, la couleur du fond d'une telle installation peut avoir un impact non négligeable sur la température moyenne de l'eau... Le filtre à ultra-violets est positionné après le filtre bactérien.

Comment clarifier l'eau verte ?

Si le bassin ne contient pas suffisamment de plantations, les matières minérales dissoutes issues du filtre biologique s'accumulent et provoquent inévitablement le développement des algues filamenteuses ou celui des algues microscopiques (phytoplancton) qui entraîne le verdissement de l'eau. Un traitement aux ultra-violet détruit le phytoplancton, mais le ramène à l'état de débris organique ce qui à terme accentue le problème. Les végétaux sont des éléments indispensables pour entretenir durablement une qualité d'eau acceptable pour les poissons...
En considérant la totalité des plantes immergées (feuilles, tiges et racines), mais aussi les végétaux de bordure qui puisent leurs nutriments dans l'eau du bassin, on peut entretenir en période estivale une biomasse végétale 10 fois supérieure à la biomasse animale : 10 kg de végétal pour 1Kg de poisson.


Un courant d'eau, une cascade, une fontaine, ou un jet d'eau, est-ce utile !?
Oui, Un taux élevé d'oxygène dissous réduit considérablement les risques sanitaires.
L'oxygène dissous conditionne la nature des bactéries actives dans le cycle de l'azote et il est un élément essentiel à la bonne santé et à la survie des poissons. L'oxygène est consommé de façon importante par la respiration des poissons, par la respiration des végétaux la nuit, et par l'activité des bactéries. Les seuls éléments qui peuvent apporter de l'oxygène dans l'eau sont les végétaux à feuilles immergées et le phytoplancton (eau verte) et celà uniquement en présence de lumière naturelle (jusqu'à environ 80 cm de profondeur selon la turbidité).
En fait l'apport d'oxygène dans l'eau se fait de façon plus certaine par « migration » de l'oxygène de l'air vers l'eau. Le taux d'oxygène dans l'air est stable (en milieu ouvert). Cet oxygène pénetre dans l'eau par la surface. L'eau peut être saturée en oxygène. Le taux de saturation de l'eau en oxygène augmente avec la pression atmosphérique et diminue avec la température et la salinité. Plus le taux d'oxygène dans l'eau est faible, plus le passage de l'oxygène de l'air vers l'eau est efficace. Dans un bassin d'eau calme qui présente une stratification (thermique ou saline), seuls les premiers centimètres (ou millimètres) d'eau sous la surface sont correctement oxygénés. C'est pour cette raison que dans des conditions d'oxygénation critique, on voit les poissons « piper » à la surface : ils viennent simplement respirer l'eau la mieux oxygénée. Les pires conditions peuvent se présenter dans une eau stratifiée et « chaude » (l'été), en présence de basse pression atmosphérique (temps orageux), et quelques heures après la tombée du jour, lorsque le phénomène de photosynthèse s'est inversé et que les végétaux consomment l'oxygène et produisent du gaz carbonique. On peut alors atteindre des taux d'oxygène inférieurs au seuil léthal des poissons. Dans ces conditions seuls les tout petits poissons qui auront réussi à respirer la « pellicule » oxygénée de la surface survivent...
Les solutions : augmenter l'interface air/eau et conduire l'eau la moins oxygénée au contact de l'air : bassin vaste en surface, bullage (chaque bulle est une interface d'échange), fontaine ou jet d'eau (chaque goutte est aussi une interface d'échange), cascades ou simplement un courant d'eau (même très lent) qui conduit l'eau du fond (la moins oxygénée) au contact de la surface.
Schéma d'un filtre naturel

Plus les écarts entre les niveaux d'eau nécessaires à la circulation sont faibles, plus les besoins en énergie sont réduits. La circulation peut être mise en oeuvre de multiple façon : petite pompe, exhausteur à bulle, moulin à palettes ou à dodets, mécanisme éolien...

CONSEILS EN AQUACULTURE :

- Aménagement de bassins d'élevage ou d'agrément, piscines naturelles.
- Systèmes de filtrations naturels.
- Éléments sanitaires et prophylactiques.
- Repeuplement.

RECHERCHE APPLIQUEE :

- Épuration par lagunage des eaux chargées en matières organiques.
- Recyclage des effluents piscicoles.
- Techniques de production extensive contrôlée.



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